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Athman Ou Moussa. »Moulkaf »

Cher Dr Med Mouhib, on tenait à vous adresser tous nos compliments, il est en effet très appréciable à lire vos publications et ouvrages qui sont très claires, à priori historiques et en même temps éducatifs et instructifs qui ont un exploit et que nous avons apprécié…
Cher Docteur, originaires du Ksar Athman OMoussa, après avoir exposé à 3ami 3âssou ON’Barche Amghar, le paragraphe: Les juifs d’Outat.Tiré de votre travail « Midelt- Esquisses historiques et culturelles » Celui-ci prétend avoir observations aux sujets de « MolKaf » des « Kaids » du « cimetière »etc…
3ami 3âssou ON’Barche disait :
les colporteurs juifs venant des vallées les plus reculées, allaient de village en village, proposaient leur marchandise. Bons marcheurs, ils avaient la vie rude mais ils étaient toujours accueillis avec joie, apportant aux Ksereois des produits nécessaires à la vie quotidienne. Herbes médicinales, onguents, colifichets, almanachs, lunettes, images et surtout des articles de mercerie : tissus, broderies, rubans, aiguilles, fils, ciseaux. et connaissaient bien les goûts de leurs clientes. Ils colportaient également les nouvelles et les cancans d’un Ksar à un autre. Les beaux jours venus, ils rentraient chez eux et reprenaient les travaux des champs jusqu’à l’automne suivant. Mais ce labeur ni sûr, ils se faisaient parfois dépouiller chemin faisant, ni confortable ils dormaient çà et là, Ils pratiquaient tous les métiers, ils avaient l’esprit d’entreprise, acceptation de rudes besognes

Depuis la première moitié du XIXe siècle, d’après Davidson  » les Juifs de l’Atlas sont de loin supérieurs, physiquement et moralement à leurs frères résidant au sein des Maures. Leurs familles sont nombreuses, et chacune d’elles est sous la protection immédiate d’un Berbère, d’un patron, ou d’un seigneur, à la décision duquel tous les cas sont soumis, et le Berbère est tenu de défendre la cause du juif en cas d’urgence.

« Les Juifs, qui voyageaient souvent pour le commerce, étaient considérés comme des protégés de leur patron et de Taqbilt. S’ils étaient dévalisés ou tués, Taqbilte punissait en représailles la localité à laquelle appartenaient les criminels. Parallèlement, les autres Ksour en alliance étendaient leur protection à ses tujjar qui voyageaient pour le commerce ou pour recouvrer leurs dettes.  » Tout juif de bilad al-siba appartient corps et biens à son seigneur, son sayd « , écrit Charles de Foucauld, dont les relations avec les communautés juives du Maroc«Les pratiques religieuses de ces Juifs, datent de l’époque préexilique, ils redisent posent les parties du Pentateuque et de la Torah » et de ce fait :

Moulkaf  « Moilkahf », constitue pour eux un lieu saint. C’était un don de Taqbilte après être choisi par le « hazzan » juif (c’est endroit à cavité rocheuse au bord du chemin entouré de séguia sans marabout à l’intérieur) et où ils se retrouvent en famille et entre amis, un moyen pour maintenir le contact avec leurs origines et perpétuer leurs traditions, c’est un devoir religieux,le pèlerinage à ce lieu saint n’est jamais pris à la légère. La visite s’y fait pour une raison bien déterminée : faire des vœux et s’imprégner de la baraka des saints réputés faiseurs de miracles. Vieilles filles en quête d’époux, femmes stériles désirant enfanter, vieillards malades cherchant la rémission ou hommes d’affaires souhaitant la prospérité, les requêtes des pèlerins sont nombreuses. Dans la tradition juive, comme ailleurs, chaque saint est en effet investi d’un pouvoir particulier. C’est ainsi qu’à Moulkaf lui, est en quelque sorte un lieu saint généraliste. Des offrandes, principalement des Sefer Thorah (rouleaux d’écritures saintes), sont déposées en mémoire de personnes disparues,
, les femmes devaient se voiler les cheveux, porter des vêtements longs et s’abstenir de se maquiller. Les femmes en période de menstruation étaient également interdites de séjour dans ce lieu saint.
Sur le rocher ils émettaient quelques vœux et prières inaudibles. D’autres y allumaient des cierges ou jetaient des bougies dans le brasier attenant à la cavité. Les plus mystiques s’abandonnaient à la ferveur religieuse et enchaînent les cantiques à voix haute. les fidèles ponctuent leurs prières et cantiques par des festins arrosés à la mahia.

Le cimetière juif : Il se trouvait sur le terrain « Laàssi » attenant aux terres de la famille Ait Laydi qui possédait les 2/3 et en avait acheté le1/3, fraction des Ait Bouchlih, du feu Moha N’Ait Taghdilte le 23 Chaàbane 1338 de l’hégire et est devenue Tizi N’Aitlaàydy.Ce cimetière était un don des Ait Laydi depuis nommée Tizi N’oudaine…

La Kasbah Myriam des Sœurs Franciscaines était construite sur des terrains appartenant à la famille Ait aydi, voici actes notariés anciens (tribunaux coutumiers, justice berbère, qui justifie la propriété..)

.JUSTICE BERBERE TRIBUNAL COUTUMIER DES AIT IZDEG DE MIDELT Extrait du Jugement no 90 en date du Quinze Décembre mil neuf cent vingt sept,inscrit sur le registre des Affaires Civiles Le quinze Décembre mil neuf cent vingt-sept en présence des membres du Tribunal Coutumier des Ait Izdeg, ont comparu: 1° MOHA OU BACHA DES AIT LAIDI, Ksar Othman ou Moussa et ALI OU ABABO du même Ksar, fraction des Ait Toulout, demandeurs 2° Djemâa du Ksar d’Othman ou Moussa, fraction des Ait Toulout, défenderesse FAITS Les demandeurs exposent: “Les Soeurs bâtissent une Kasbah entre Tamoussa ou Alit et Othman ou Moussa. La Djemâa du Ksar Othman ou Moussa revendique ce terrain comme bled ‘Djemâa’ espérant ainsi se partager le prix de la Vente. Il se peut du reste que ce terrain soit ‘Djemâa’ dans sa plus grande partie mais nous avons des actes prouvant que ce terrain sur lequel est bâti la Kasbah est ‘Melk’ et nous appartient.” Les défendeurs répliquent: “Nous savons qu’il y a très longtemps le bled situé entre Tamoussa ou Alit et le Ksar d’Othman ou Moussa avait été partagé en quarante ‘Tamazdaght’ mais nous pensons que ce partage avait porté que sur les terrains labourables. Les actes présentés sont réguliers et valables mais nous ne pouvons pas admettre qu’il y ait eu vente de terrain inculte. Ces terrains n’ayant eu chez nous de tout temps aucune valeur.” DÉCISION Le terrain situé entre Tamoussa ou Alit et le Ksar Othman ou Moussa ayant été partagé entre les gens en quarante ‘Tamazdaght’ est devenu ‘Melk’ alors qu’il était bled ‘Djemâa’. Quelques-uns de ces parts ont fait l’objet de transaction. C’est ainsi que la Djemâa Judiciaire s’explique que ce terrain qu’elle croyait bled ‘Djemâa’ soit ‘Melk’. Les terrains incultes n’étant utilisés que dans leur parties labourables et pendant les années de pluie les possesseurs de ce terrain avaient cessé de labourer ce qui avait fait croire plus tard que ce terrain n’avait aucun possesseur et qu’il était par conséquent collectif. Les actes présentés par les demandeurs sont réguliers, les témoins cités dans les actes étaient connus pour leur honnêteté et leur connaissance approfondie de la coutume. En conséquence la Djema Judiciaire décide que le terrain compris dans les limites données sur les actes appartient bien aux demandeurs mais que le reste est collectif ou que malgré les enquêtes faites au sujet du terrain demandé par les Soeurs aucune personne autres que les demandeurs ci-contre ne s’est présentée./. VU POUR CONTRÔLE Le Chef de Bureau des Affaires Indigènes de Midelt P.O L’Officier SERVICES DES AFFAIRES INDIGÈNES TRIBUNAL COUTUMIER MIDELT Pour extrait certifié conforme et délivré le 3 Mai 1935. Le Greffier du Tribunal Coutumier

Caïd Ali ou Moha ou Said  (1882/1952)
 était décédé à la Mecque en cours du pèlerinage

Les Caïds  désignés étaient : – Caïd Moha ou Saïd nommé L’Caïd Moha succédé par son fils Caïd Ali ou Mouha ou Said, Nommé L’Caïd Ali (dahir de satisfaction de l’ordre de OUISSAM ALAOUITE CHERIFIEN pour le Caïd Ali ou Moha ou Saïd, Caïd des Ait Izdeg du Ksar Athman ou Moussa Midelt. Rabat le 13/02/1939) qui était crédité de la reconstruction de la mosquée du Ksar assisté par les Chorfa et en fin L’ Caïd Lahcène..Jamais aucun Juif n’était désigné comme Caïd pour le Ksar AthmanOMoussa.

{Caïd Ali ou Moha ou Said  (1882/1952) était décédé à la Mecque en cours du pèlerinage}

Moulay Tayeb Alaoui bonjour si Mohamed
un grand merci a toi et au Dr. je me permets d’apporter mon grain de sel, les colporteurs juifs de la fin du 19 siècle et début du 20 faisait tout l’espace géographique de ce qui a constitué administrativement le cercle de Midelt. Tous les ksour étaient visités périodiquement par deux catégories: les artisans (sekkake; les réparateurs de poteries les rabats et les maréchal- ferrants) l’autre partie se composait de marchands d’épicerie et d’accessoires féminins, à signaler qu’elles ne représentaient qu’une infime partie de la population de confession juive d ‘Outat  (Midelt), le reste, des sédentaires vivaient essentiellement a Atman ou moussa et bouzmellah dans les mellahs dotés de synagogues dirigées par des rabines

le caïdat des Ait Izdeg revenait effectivement a la famille ait 3idar dont vous avez cité Mes derniers titulaires a noter que le caïd Ali et son père avaient leur dahir de nomination ce qui ne fut pas le cas de feu Lahcène ou Maaboud

Quand a la grotte de « moulelkaf », selon la légende ; elle a abrité un « bouhali » juif qui a réalisé des miracles comme, pour les musulmans qui construisaient des cimetières aux abords d’un sanctuaire , les juifs de la région auraient bien voulu avoir un cimetière près de ce lieu saint mais étant donné la nature très rocheuse des terrains environnant et leur réservation au battage du blé (inourar) il leur a été alloué « tizi n’oudain » par la branche des « Ait laydi », Ce geste a été répété par ses descendants actuels pour le cimetière musulman, après une longue lutte acharnée avec les « Ait Ouali » sur la propriété réelle de ses terrains.

Le Mellah A l’arrivée des Français et lors de la construction du village « Midelt » les juifs ont eu un traitement privilégié, puisqu’ ils ont eu droit a un quartier du mellah des synagogues une école et un grand nombre de magasins a la kissaria particulièrement des bijouteries, des cordonneries en plus ateliers hadadas attenants au mellah De 1950 a 1960 Midelt fut pratiquement vide de toute sa population juive. les derniers (Marciano;Pinto et Benyamine) quittèrent la ville fin des années 70

Moulay Tayeb Alaoui Merci pour cette photographie d’archives. 
Une remarque cependant d’importance.
Le Caïd Ali ou Moha à été nommé par dahir par le sultan Mohamed Ben Youssef à la mort de son père. Caïd Lahcène ou maaboud son cousin Germain désigné par le résident général Juin

                                      

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