Lalijou devant la kasbah Ksar Athman ou Moussa

Le soleil tombait sur les montagnes du du Nord-Est du Haut Atlas, projetant des ombres longues sur les murs ocres du Ksar Athman Ou Moussa. Les habitants vaquaient à leurs occupations, quand soudain, un bruit sourd monta de la piste : le martèlement régulier de bottes et de sabots.
Un bataillon s’avançait. Les hommes portaient des uniformes bleu et blanc, ceintures serrées, sacs lourds sur le dos. Certains arboraient des képis rouges, d’autres bleus. Leurs silhouettes se découpaient dans la poussière, étrange et imposante. C’était la Légion étrangère, « Lalijou » comme on allait l’appeler ici. Dans les années 1920, le Maroc était traversé par des colonnes de soldats venus d’ailleurs. La Légion étrangère, créée en 1831 par Louis-Philippe Ier
Les anciens, assis à l’ombre, se levèrent brusquement. Les enfants coururent vers leurs mères. Un murmure parcourut la foule : « Lalijou ! Lalijou ! »
Ils en avaient entendu parler, dans les récits des voyageurs et les rumeurs venues des villes. Mais jamais encore ils ne l’avaient vue. Et voilà qu’elle surgissait, en chair et en os, devant leur ksar.
Les soldats ne parlaient pas la langue du pays. Ils marchaient en silence, disciplinés, comme une machine bien huilée. Ils s’arrêtèrent, dressèrent leurs postes, vérifièrent leurs armes. Pour les habitants, c’était une apparition presque irréelle : une force étrangère, sortie des légendes, venue s’installer au seuil de leur quotidien.
Des décennies plus tard, dans les années soixante, les enfants devenus adultes racontaient encore cette scène. -La mémoire transmise- Ils se souvenaient des cris de leurs parents, de la stupeur, de l’étrangeté. Le mot « Lalijou » revenait comme un refrain, chargé de peur et de fascination.
Et puis, un jour, une vieille photographie noir et blanc refit surface. Un document rare, presque illisible, retrouvé par « Med Ait Laydi » sur « delcampe.net » et l’a restaurée par l’intelligence artificielle, elle révéla ce moment figé : les uniformes, les képis, le ksar en arrière-plan. L’image confirmait la mémoire, comme une preuve tangible que l’histoire et le souvenir s’étaient bien rencontrés.
Ce jour-là, au Ksar Athman Ou Moussa, la Légion étrangère n’était pas seulement une troupe militaire. Elle était une apparition, un choc, une rencontre entre deux mondes. Pour les habitants, elle devint un symbole, une histoire transmise de génération en génération.
La photographie, aujourd’hui lisible, ne montre pas seulement des soldats. Elle raconte une émotion, un instant où l’Histoire s’est inscrite dans la mémoire populaire.


Med Ait Laydi le: 19/07/2026

Quel bel article ! Merci pour tout le travail de recherche que ça a dû demander. Tu nous fais redécouvrir notre ville sous un autre angle, et ça fait chaud au cœur de voir toutes ces histoires et témoignages racontés avec autant de soin
« Merci infiniment pour tes mots chaleureux. C’est vrai que ce travail de recherche a demandé du temps, mais il en valait la peine pour redonner vie à la mémoire de notre ville. Je suis heureux que ces récits et témoignages aient pu toucher et offrir un nouvel angle sur Midelt. Ton soutien me donne encore plus de motivation pour continuer à partager cette histoire. »